30 mai 2005

Nostalgie

Ma mère aurait fêté ses 52 ans aujourd'hui. Hier, elle aurait eu sa fête des mamans. 8 ans d'absence déjà. Toujours aussi difficile. Pour celle qui représentait tout notre foyer. Tout ce vide familial autour de moi.

10 mars 2005

Un instant d'infini

La_musique_1

On a parfois ces réminiscences qui vous saisissent au corps, à l’improviste. L’esprit est propulsé vers un ailleurs lointain, souvent passé, un infime goût de déjà-vu. Ce sont des souvenirs enfouis dont l’existence en était presque oubliée, mais, qui n’attendaient que l’appel pour revenir nous assaillir de plein fouet. C’est parfois une odeur, ou une chanson désuète, une parole ou un regard, un geste, une caresse ; on effleure alors un sentiment indistinct qui tend à prendre forme si on se laisse glisser dans cette torpeur nostalgique.

Il est des chansons qui me propulsent quinze ans en arrière et alors je retrouve la voix de ma mère, le disque sur la platine, le jour déclinant, cet instant de fin de journée où tout semble vouloir s’éterniser. Je me revois dans cette salle à manger, allongée sur le canapé, formulant des vœux secrets, confidences entre femmes de génération différente. On s’imagine sur un paquebot, cheveux au vent, une brise tiède du soir, elle sourit à son enfant. Un moment de merveilleux imaginé.

Et c’est dans ces moments là que je rallume la platine, entendre encore cette musique, celle, imparfaite des vinyles que j’aime tant.

23 décembre 2004

Noël ne rime pas avec allegresse

Je n'arrive pas à adhérer à la liesse festive qui a envahi les rues. Je n'y arrive et je m'en fous. Au milieu des badauds pressés, chargés d'une foule de sacs, je déambule, musique aux oreilles. Toujours les mêmes musiques, toujours dans le même ordre. Il faudrait que je pense à les changer. Flemme.
Je regarde les vitrines décorées, teinte dorée des guirlandes, lumière nictitante irradiant les objets exposés leur prêtant un côté merveilleux qui ne perdurera pas une fois ramenés chez soi. Débauches d'achats et de faux rires.
Noël, fête de famille par excellence. Encore faut-il en avoir une. Enfin, je me comprends.
Midi, j'allume enfin mon portable. Trois messages. Mon père à 23h15. Un ami. Re-mon père. Il avait la voix voilée par l'alcool.
Je sens sa déchéance. Il s'en fout de tout. Il vit dans son monde à lui. Il ne voit pas mon grand père qui va mal.
Grand père.
Je l'appelle. Du taf car je n'arrive à rien.
Il m'annonce le décès de Lulu. Mes émotions sont bloquées par les cachets. Je me souviens d'elle. Elle m'avait serrée très fort dans ses bras en me disant qu'elle m'aimait. Ses enfants ne sont pas venus aux obsèques.
Grand père est sonné. Il ne se rappelait pas que demain c'est le réveillon. Ni que j'étais passée il y a peu le voir.
Il ressasse des évènements. Il me dit qu'il doit se préparer à partir lui aussi. Il n'a plus envie de rien. Même plus de sortir. Il est fatigué. Il est usé. Il est seul. Pas d'échanges. Mon père absent comme il le fut avec ses enfants. Pareil pour son père.
Triste Noël. Je commence à destester cette mascarade. Je déteste détester cette mascarade.

25 novembre 2004

Puis s'en va

Il entre dans ma vie, fait des promesses, ne les tient pas, puis s'en va.
Et moi, j'ai mal.
Il réapparaîtra et jouera le même scénario. Puis s'en va.
Il me faudra faire un choix. Encore.
Son inconscience me blesse plus que ses serments non tenus. Je ne lui demande que peu de chose.
Il s'inquiète pour sa fille chérie puis me laisse seule face à ma douleur. Je suis seule.
Il me dit "compte sur moi" mais n'est jamais là.
J'ai peur toute seule.
J'ai mal toute seule.
Je lui demanderais juste d'être, un peu, de temps en temps, un père. Mais je crois que c'est trop lui demander.
Qu'attends-je donc de lui? Pourquoi garder ces liens qui me blessent? Pourquoi je m'évertue à faire semblant que tout va bien? Pourquoi jouer mon rôle devant lui?
Il m'appelle entre quelques verres de vin, me déclare son amour filial puis s'en va.
Je crois, qu'en définitive, c'est moi qui vais partir. Comment, je ne sais... Et ça fait mal.

23 novembre 2004

Il est ainsi

Il me demande l’absolution, je ne peux que lui accorder le pardon. Je ne peux lui affirmer que ce n’est pas grave. Ce serait nier notre souffrance. On ne peut effacer le passé. On cohabite avec.

Je sais que maintenant il commence à prendre la mesure de sa faute par omission. C’est un grand enfant qui ne sera jamais un père. Il ne connaît du monde des adultes que ce qu’il veut bien en voir. Pour le reste, il se met des oeillères encore que, je ne sais si cela est volontaire. J’en doute. Je commence à le connaître.

Qu’adviendra t-il lorsque son père ne sera plus. Je ne me sens pas le courage d’assumer encore une fois. Je l’ai déjà fait plusieurs fois à sa place.

Je me souviens la stupéfaction de mon grand-père quand je lui appris que ma sœur fut mise à la DDASS par ma mère.

Je revois les yeux humides de mon père, entre deux-trois verres, à l’évocation de notre enfer et ses remords face à son abandon qui fut, pour une partie, la cause de notre douleur. Il met des si dans chacune de ses phrases comme s’ils avaient le pouvoir de refaire notre enfance. Il met des promesses dans l’air, mais je sais que peu se réaliseront. Comme à son habitude.

Il n’est pas de mauvaise foi. Il y croit fort à chaque fois. Seulement, les vapeurs de l’alcool ont trop souvent raison de ses vœux. Il est ainsi. Je l’ai appris. A ne pas compter sur lui.

[Je répondrai aux commentaires et mails dès que possible. Peu de temps malheureusement. Et ce texte devait sortir, ce soir]

NB: Je ne semble pas heureuse, je le suis :) -même si certaines choses ressurgissent parfois -