
Je n’ai pas de réponse à apporter, ni de demande à formuler. Ce qui est, demeure. Et cela n’appartient à personne de le changer. Ce serait un doux leurre auquel il n’est pas bon d’espérer. Puisqu’il est stérile et vain.
Longtemps j’ai cru trouver une réponse en l’autre, en les autres plutôt. Alors que cela est en moi. Je ne veux plus faire porter à autrui ma quête. C’est un chemin qui n’appartient qu’à moi seule. On peut certes me reprocher ma distance et mon indépendance. Pourtant, elles sont ma force. Elles sont ce qui me permet de donner.
Je n’ai nulle solutions à démontrer ou à proposer. Je crois que tout cela reste unique à chaque personne. C’est un chemin que je me dois de suivre car il est en adéquation avec ce que je suis.
Maintenant, rien de ce que je fais ou ne fais n’a de préméditations quelconques, n’a de calculs savants destinés à parvenir à de puériles finalités égoïstes. Mes silences n’en sont pas.
Ils sont de doux murmures de mon âme auxquels il faudrait prêter une oreille attentive. Alors on entendrait le chant d’espoir qu’elle dégage et qu’elle veut propager. On sentirait la chaleur qu’elle émet en chaque seconde qui passe.
Tu saurais que ma distance parfois est destinée à t’épargner d’éléments exogènes.
Et si elle s’enferme dans sa bulle de verre certains soirs, tu verrais dans la clarté de la lune le dessin fragile d’une porte dérobée qui n’a qu’un seul visiteur autorisé.
Je désire me construire une vie qui répondrait à mes attentes les plus enfouies. Pour cela, il me faut encore un peu me découvrir. L’essentiel est déjà mis à nue. Quelques souterrains n’ont pas encore été explorés peut-être mais je sais aujourd’hui ce qui me remet en équilibre pour reprendre ma route sans but précis autre que celui d’être heureuse.
Et cette route est à deux voies : une partagée, une solitaire. Les émotions s’échangent, les quêtes restent personnelles.
Tu saurais que ce que je fais est un peu pour nous aussi.
Je me ressource seule pour te donner le meilleur de ce que je suis à toi, à mes amis. Parfois, je faillis. Mais, tel le pèlerin obstiné, je me relève avec encore les meurtrissures comme témoignage et je marche vers la lueur des étoiles qui sont mes repères éternels. Je crois en la magie des astres, au bruissement de la nature, aux sensations qui touchent le cœur de qui sait recevoir.
Dans mes silences, je te tends ma main comme preuve de notre union. Tu sais que mes yeux sont le reflet de mes émotions.
Mon visage est un livre ouvert à qui prend le temps de le déchiffrer. Mes lèvres n’ont pas besoin de mots à chuchoter quand mes yeux sont là pour s’exprimer. Tout mon être conspire à la sincérité. J’ai laissé de côté la duplicité et les jeux dangereux des choses calculées. Seul le temps me manque parfois pour écrire mais je n’ai pas à m’excuser.
Tu saurais que mes sourires sous la lumière des bougies n’ont qu’un seul destinataire, que mes rires sont le fruit de mon bonheur dont tu entres dans une des composantes, que mes bras n’enserrent avec autant de tendresse qu’une seule et unique personne.
La vie nous oblige à tenir plusieurs rôles, à revêtir plusieurs masques. On fait alors la part des choses pour ne pas oublier de se changer avant d’entamer une autre partie. Le jour, je suis celle qui se penche sur ses dossiers avec rigueur et obstination, elle étudie parfois pour son avenir avec sérieux.
Puis devant lui, elle ôte tous les masques pour lui laisser voir son être dans sa nudité imparfaite. Elle tremble aussi un peu de le décevoir. Mais elle tient à être sincère. Pour lui. Parce que si elle ment encore, elle se perdra. Elle ne le veut plus.
Je n’ai pas d’autres preuves à donner que celles-ci et c’est beaucoup plus que ce que peuvent donner d’autres.
De l'amour, de l'amour, tous les jours, tous les jours... Mon amour.