30 janvier 2005

Lecture

Liste des livres lus depuis mi septembre 2004 à aujourd’hui :

Amélie Nothomb :

Hygiène de l’assassin***

Le sabotage amoureux**

Les combustibles**

Les catilinaires**

Attentat**

Mercure*

Stupeur et tremblements***

Cosmétique de l’ennemi***

Robert des noms propres***

Antéchrista**

Biographie de la faim*

Péplum*

Métaphysique des tubes*

Frédéric Beigbeder :

L’amour dure trois ans**

Dernier inventaire avant liquidation**

Virginie Despentes :

Teen Spirit**

Les jolies choses***

Les chiennes savantes***

Paul Auster :

Le diable par la queue suivi de pourquoi écrire***

Florian Zeller :

Les neiges artificielles**

Les amants de n’importe quoi**

Franz Kafka :

Lettre au père**

Serge Bramly :

La terreur dans le boudoir***

Anna Gavalda :

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part*

Je l’aimais*

Laurie Colwin :

Une vie merveilleuse***

Othilie Bailly :

J’ai 13 ans et je vais me tuer**

Michel Polnareff:

Polnareff par Polnareff***

POLNAREFF PAR POLNAREFF

Cette note fera plaisir à Dokho. Tu me demandais ce que je pensais de cet artiste et maintenant, lecture faite, je peux te répondre.

J’ai remis à plus tard cette lecture, par flemme ou manque d’intérêt mais une fois entamé, je n’ai plus lâché le livre.

Et la conclusion : je tire ma révérence devant le talent de cet homme. Je le méconnaissais, ne connaissant de lui que certains airs bien connus.

De découvrir son parcours et l’immensité de son talent, de son audace, de sa folie, me fait aimer pleinement cet homme pour sa valeur extraordinaire.

Je comprends Do, ton admiration et ton qualificatif pour cet artiste : un génie !

Polnareff_par_polnareff

Polnareff par Polnareff, édition Grasset

19 novembre 2004

Les raisons ineptes se valent

Dans un contexte de luttes intestines au sein d'un ghetto chinois dans les années 70, les enfants des diplomates s'occupent à des activités bélligérantes qui valent celles des "grands".

"Nous continuâmes cet épluchage de nationalités jusqu'à ce qu'une illumination se produisît en moi:
_ Les Népalais
_ Pourquoi detester un Népalais?
A cette question digne de Montesquieu, je donnai une réponse éblouissante:
_ Parce que c'est le seul pays au monde qui n'a pas un drapeau rectangulaire."

A. Nothomb, Le sabotage amoureux

20 juillet 2004

Un jour, elle est entrée dans ma vie.

Extraits :

Une petite pierre tombée du ciel, précieuse, magique, unique : un rêve qui devient réalité, ou une réalité dont on se demande si ce n’est pas un rêve. Bouleversement de la rencontre, comme une concentration soudain de particules qui soudain explose sous l’effet d’un regard, d’un mot ou d’un sourire. Elle me fait autre : nu, transparent, différent. Impossible de retourner en arrière, inutile de tricher, rien n’échappe à son emprise ; l’atteinte est profonde et irréversible.

Comment pourrais-je alors ne pas m’affoler, ne pas m’inquiéter du sort qui ne m’appartient plus ? Même si je veux , je ne peux plus me fuir, aucun moyen de m’évader, aucun lieu où me dérober. Il me rattrape toujours celui que je suis devenu, car, si je ne me reconnais plus, je ne me suis pourtant jamais si bien connu. Comment pourrais-je désormais me cacher moi-même ce qui, jusque dans le sommeil, me revient sans cesse en rêve ?

Je suis incapable de tout cet amour. C’est moi, c’est bien moi le protagoniste de cette belle histoire. Pour les autres, c’est normal, mais pour moi j’ai toujours été convaincu que c’était impossible. Et, maintenant, suis-je réellement capable de vivre cet amour ? Ne serai-je pas toujours accompagné par la peur de perdre : de la perdre et de me perdre ? Que va devenir mon existence qui sans elle n’a plus de sens ? Qui suis-je puisque je ne sais qui elle est ?

Cette inconnue m’a révélé à moi-même, belle étrangère qui est venue à ce point envahir ma vie que je ne peux que me soumettre à sa volonté, moi qui ne savais que dominer. Mais, si par miracle, elle a pu m’arracher du néant pour me donner la vie, quel espoir insensé pourrait me laisser penser que je n’y retournerai pas un jour, quand, m’abandonnant au bord de la route, elle préférera un autre que moi ?

Comment ne pas éprouver le désir de fuir, le plus loin possible, cette douce créature qui me fait la vie si belle ? Je suis pris d’un vertige insensé devant toute cette étendue de plaisirs auxquels je m’étais jusque-là défendu de croire. Avant, peut-être étais-je malheureux, mais au moins pouvais-je rêver. Maintenant il me faut vivre ma vie et renoncer à mes rêves.

J’aimerais pouvoir encore imaginer mon existence, me libérer de cette peur de n’être jamais à la hauteur de mes espérances. Et je me prends ainsi à regretter, regrets que je me reproche aussitôt, le petit monde qui était le mien, confortable et insatisfaisant, mais où rien ne pouvait m’atteindre car je n’avais alors rien à craindre. Si ce n’est, et je le sais bien, l’ennui et la mort.

Alors, dès qu’elle s’éloigne de mon champ de pensée, je l’appelle de toute mon âme, je supplie le ciel de me la rendre, toute proche, complice et tendre comme j’aime tant qu’elle soit. J’en perdrais la tête si elle devait à cet instant disparaître. Viens, reviens vite, tu me calmes et tu le désespères. Aime-moi à la folie, moi qui suis fou de vouloir te quitter. Laisse-moi vivre, mais ne me quitte jamais.

Magie de la rencontre : bonheur absolu de cet état d’exception qui vous fait perdre la tête autant qu’il vous permet de vous retrouver, et qui, sitôt que vous l’avez trouvé, vous fait déjà craindre de le perdre. Par son intensité, le sentiment amoureux vous désespère autant qu’il donne lieu à toutes les espérances, et, s’il vous console des chagrins passés, il laisse présager les plus grandes souffrances.

Si vous vous engagez dans cette nouvelle aventure, armé et prévenu comme si vous partiez à la guerre, déjà trop plein des douleurs de l’enfance pour oser croire à un bonheur possible, il vous faut alors lutter contre votre propre passé avant que d’accepter cet amour qui pour vous ne peut être qu’imparfait. Et, si ce n’était la force de l’évidence, peut-être vous seriez-vous une fois de plus interdit cet amour que vous pensiez n’être pas pour vous.

Extraits de Histoires d’amours, histoire d’aimer, Catherine Bensaid

Etonnante psychologue, elle m’épate, ce livre m’épate ! Et je ne fais que le commencer.